N°10 | Fait religieux et métier des armes

Xavier de Woillemont

L’aumînerie militaire

Dans l’économie gĂ©nĂ©rale de cette journĂ©e, il revenait Ă  l’état-major des armĂ©es de prĂ©senter l’aumĂŽnerie militaire, d’en dire le pourquoi et le comment. Je suis heureux de participer au dialogue et Ă  la rĂ©flexion entre civils et militaires, ambition de la revue Inflexions, sur un sujet qui se prĂȘte bien Ă  cet exercice.

Je suis persuadĂ© que cette question doit ĂȘtre abordĂ©e avec une grande prudence. La croyance appartient en effet au domaine de l’intime et on ne peut s’en approcher qu’avec la plus grande dĂ©licatesse. De plus, dans notre pays, la question des relations entre l’État et la religion n’est pas totalement apaisĂ©e ; nous sommes ici dans le domaine, au moins apparent, du paradoxe : une armĂ©e rĂ©publicaine et laĂŻque qui organise le culte ; des hommes de Dieu, des hommes de paix, qui accompagnent les hommes de guerre. Enfin, au sein des armĂ©es, il faut Ă©viter de choquer ou de heurter les consciences, cela risquerait de mettre en pĂ©ril la cohĂ©sion qui est si dĂ©terminante pour l’action. Mais cette question peut aussi ĂȘtre abordĂ©e avec sĂ©rĂ©nitĂ© car les bases institutionnelles et la pratique de l’aumĂŽnerie militaire sont parfaitement claires et assurĂ©es.

Je voudrais partager avec vous une conviction. L’aumĂŽnerie militaire est plus que jamais nĂ©cessaire au vu des engagements opĂ©rationnels des armĂ©es et au regard de leur Ă©volution. En 2003, la France est intervenue Ă  Bunia, en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, dans une ville et une rĂ©gion oĂč les affrontements ethnico-politiques Ă©taient extrĂȘmement violents, et oĂč la mission intĂ©rimaire des Nations Unies au Congo (minuc) Ă©tait impuissante, totalement dĂ©crĂ©dibilisĂ©e et terrĂ©e dans ses camps. Au bout de quelque temps, le calme a Ă©tĂ© rĂ©tabli et il a Ă©tĂ© possible de cĂ©lĂ©brer une messe dans une Ă©glise de quartier situĂ©e Ă  proximitĂ© de notre cantonnement et qui avait Ă©tĂ© le lieu de massacres traumatisants pour la population. Cette messe, cĂ©lĂ©brĂ©e par l’aumĂŽnier du rĂ©giment, a Ă©tĂ© un moment trĂšs fort de la mission pour les soldats catholiques qui ont pu pratiquer leur culte, mais aussi pour bien d’autres militaires, croyants ou non, qui ont trouvĂ© lĂ  un moment de paix et de rĂ©confort, ainsi que pour les villageois qui ont alors ressenti une joie immense, un vrai sentiment de rĂ©paration. Cela a instaurĂ© une confiance envers les soldats français qui ne sera pas dĂ©mentie. Avant cette messe, l’aumĂŽnier avait longuement reçu un sous-officier, chef de section, de trente-cinq/quarante ans, issu du rang, un homme solide mais qui supportait mal le spectacle des atrocitĂ©s commises. Il m’en avait entretenu ensuite et cela avait contribuĂ© Ă  une meilleure prise en compte des effets psychologiques de la mission sur les hommes. Ce tĂ©moignage illustre bien le pourquoi et le comment mais aussi tous les bĂ©nĂ©fices que peut apporter la prĂ©sence d’un aumĂŽnier militaire.

  • Les fondements de l’aumĂŽnerie militaire

C’est la IIIe RĂ©publique, peu soupçonnable de clĂ©ricalisme aigu, qui, avec la loi de 1880 abrogeant celle du 20 mai 1874, a posĂ© le fondement juridique d’une aumĂŽnerie militaire, toujours valide aujourd’hui. Elle prĂ©voyait qu’« il sera attachĂ© des ministres des diffĂ©rents cultes aux camps, forts dĂ©tachĂ©s et autres garnisons placĂ©es hors de l’enceinte des villes, contenant un rassemblement de deux mille hommes au moins, et Ă©loignĂ©s des Ă©glises paroissiales et des temples de plus de trois kilomĂštres, ainsi qu’aux hĂŽpitaux et pĂ©nitenciers militaires Â» et qu’« en cas de mobilisation, des ministres des diffĂ©rents cultes seront attachĂ©s aux armĂ©es, corps d’armĂ©e et divisions en campagne
 Â». Tout est là : la reprĂ©sentation des cultes, Ă  Ă©galitĂ© ; la raison d’ĂȘtre d’une aumĂŽnerie pour les militaires (l’isolement ou l’éloignement qui empĂȘche la libre pratique du culte) ; et l’accompagnement des soldats en campagne, qui est aujourd’hui notre prioritĂ©.

Ces principes ne sont pas remis en cause au moment de la sĂ©paration des Églises et de l’État puisque la loi du 9 dĂ©cembre 1905, qui entĂ©rine cette sĂ©paration, garantit dans le mĂȘme temps le libre exercice du culte. Notre pratique actuelle s’inscrit dans l’esprit de la laĂŻcitĂ©, le culte relĂšve de la sphĂšre privĂ©e et nul ne doit ĂȘtre empĂȘchĂ© de le pratiquer.

Le statut gĂ©nĂ©ral des militaires ne dit pas autre chose dans son article 4 : « Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres. Elles ne peuvent cependant ĂȘtre exprimĂ©es qu’en dehors du service et avec la rĂ©serve exigĂ©e par l’état militaire. Cette rĂšgle s’applique Ă  tous les moyens d’expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires et Ă  bord des bĂątiments de la flotte. Â»

Au-delĂ  de ce fondement institutionnel, la lĂ©gitimitĂ© et la nĂ©cessitĂ© de l’aumĂŽnerie militaire moderne se sont forgĂ©es au feu, lors des deux guerres mondiales, par l’accompagnement religieux des combattants et le partage des Ă©preuves. Durant la Grande Guerre, les aumĂŽniers Ă©taient en premiĂšre ligne. Il est d’ailleurs assez cocasse de constater que c’est la loi de 1889 (« les curĂ©s sac au dos Â») qui, en instaurant le service militaire des prĂȘtres, ouvrit la voie Ă  la formalisation de la prĂ©sence des institutions religieuses dans le monde militaire. Durant ce conflit, les aumĂŽniers congrĂ©ganistes payĂšrent un lourd tribut : un quart d’entre eux fut tuĂ© au combat. Et si l’aumĂŽnerie concernait officiellement trois cultes (catholique, protestant et juif), le culte musulman n’était pas absent puisque des visites d’imams auprĂšs des troupes Ă©taient organisĂ©es dĂšs cette Ă©poque. La dĂ©cision de construire la grande mosquĂ©e de Paris sera d’ailleurs prise peu de temps aprĂšs la reconquĂȘte, en octobre 1916, du fort de Douaumont par le rĂ©giment d’infanterie colonial du Maroc (ricm).

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, aprĂšs la dĂ©faite, le service s’est poursuivi dans les camps de prisonniers comme dans les « chantiers Â», au Service du travail obligatoire (sto) ou dans les maquis. Nombre de prĂȘtres, de pasteurs et de rabbins de l’aumĂŽnerie des armĂ©es exerçaient dans des conditions extrĂȘmes leur ministĂšre dont la portĂ©e dĂ©passait alors le cercle de leurs coreligionnaires.

  • Les aumĂŽneries militaires aujourd’hui

L’époque qui s’ouvre pour les armĂ©es constitue une rĂ©volution Ă  bien des Ă©gards. Si les aumĂŽniers Ɠuvrent pour l’éternitĂ©, ils sont eux aussi appelĂ©s Ă  s’adapter aux temps qui changent. La guerre Ă©volue dans ses formes, mais elle demeure fondamentalement un affrontement des volontĂ©s. Cet affrontement s’exerce dans un trĂšs vaste Ă©ventail de champs dont celui des valeurs, de la spiritualitĂ© et de la religion. Les interventions militaires sont marquĂ©es par un retour des combats, l’ñpretĂ© et la durĂ©e des missions, mais aussi par le fait qu’elles se dĂ©roulent dans des milieux de plus en plus divers, souvent au sein des populations qui constituent dĂ©sormais l’enjeu principal de nos opĂ©rations. Ces deux Ă©volutions renouvellent l’intĂ©rĂȘt d’une aumĂŽnerie militaire. La rĂ©forme de 20051 est parfaitement en phase avec cette Ă©volution.

Pour la premiĂšre fois, la mission des aumĂŽniers militaires est dĂ©finie dans le respect de la laĂŻcitĂ© Ă  la française : « Les aumĂŽniers militaires assurent le soutien religieux des personnels de la DĂ©fense qui le souhaitent dans les lieux oĂč les armĂ©es et formations rattachĂ©es exercent leurs missions. Ils peuvent ĂȘtre consultĂ©s par le commandement dans leur domaine de compĂ©tences. Â»

Leur rĂŽle premier est donc d’assurer le service cultuel. Tout militaire doit pouvoir pratiquer sa religion quel que soit l’endroit oĂč il se trouve et, dans les cas extrĂȘmes, quitter ce monde avec, si possible, les secours de sa religion ou au moins de la religion – dans les Vosges en 1914, par exemple, c’est le grand rabbin Bloch qui a accompagnĂ© les derniers instants d’un soldat catholique avant de tomber lui-mĂȘme. En la matiĂšre, le commandement doit faire respecter la neutralitĂ© (chacun doit pouvoir exercer son culte) et l’égalitĂ© de traitement entre les religions. Mais il n’a pas Ă  empiĂ©ter sur le cultuel tant que celui-ci ne contrevient pas aux impĂ©ratifs du service, ne perturbe pas le fonctionnement des armĂ©es et ne porte pas atteinte Ă  leur image. La recherche d’un Ă©quilibre entre les contraintes du service et les exigences cultuelles a des applications trĂšs concrĂštes, quotidiennes, comme le respect des jours fĂ©riĂ©s ou des prescriptions alimentaires, mais aussi dans certains moments forts de la vie de la nation, je pense notamment aux cĂ©rĂ©monies d’hommage national comme celles, rĂ©centes, en l’honneur de Lazare Ponticelli, le « dernier poilu Â» français, ou des tuĂ©s au combat en Afghanistan le 18 aoĂ»t 2008.

La mission est Ă©largie au soutien spirituel et moral apportĂ© Ă  celles et Ă  ceux qui servent et travaillent au sein de la DĂ©fense. Il s’agit de proposer sans jamais rien imposer, sans oublier les familles, notamment lorsque le conjoint est en opĂ©ration extĂ©rieure (opex). L’aumĂŽnier des forces armĂ©es, homme de spiritualitĂ©, de rĂ©flexion et d’éthique, est aussi homme d’écoute, d’accueil et de conseil pour celui qui le souhaite, quelle que soit sa conviction religieuse ou philosophique. Ce soutien, comme le service cultuel, s’adresse Ă©galement aux militaires blessĂ©s ou hospitalisĂ©s ainsi qu’aux familles, en particulier au cours des engagements ou, cas dramatique, lorsque leur proche est tuĂ© en service ou au combat. L’aumĂŽnier peut ĂȘtre conduit Ă  jouer un rĂŽle d’aide au commandement. C’est une mission dĂ©licate, qui exige beaucoup de tact. Un rĂŽle, Ă©videmment non officiel, de conseil Ă©thique en vue de l’action ; un dialogue qui enrichit la rĂ©flexion de celui qui doit prendre des dĂ©cisions lourdes dans la conduite des opĂ©rations. Aujourd’hui, le rĂŽle d’accompagnement psychologique est renforcĂ© en raison de la plus grande fragilitĂ© Ă©motionnelle des jeunes qui rejoignent nos rangs et par le durcissement de nos opĂ©rations.

Les aumĂŽniers sont d’abord des ministres d’un culte, des religieux. Aussi ne portent-ils pas d’arme, et s’ils sont dĂ©tenteurs d’un grade (aumĂŽnier militaire), celui-ci n’a aucune correspondance avec la hiĂ©rarchie militaire gĂ©nĂ©rale et ne comporte aucune prĂ©rogative de commandement. Ce sont des « militaires non pratiquants Â» en quelque sorte.

La tentation peut exister d’une Ă©volution Ă  l’anglo-saxonne vers un service uniquement spirituel. Deux motivations peuvent y inciter. La premiĂšre porte sur la nature du service Ă  assurer : le besoin n’est pas religieux mais spirituel, donc trouvons le plus petit dĂ©nominateur commun et assurons un service le plus neutre possible. La seconde peut ĂȘtre de nature organisationnelle : appliquons la RĂ©vision gĂ©nĂ©rale des politiques publiques (rgpp), rationalisons les aumĂŽneries. Cette Ă©volution serait contraire Ă  l’esprit de la loi de 1905, aux attentes des militaires, mais surtout risquerait de brouiller les identitĂ©s et d’ajouter Ă  la confusion des esprits.

Mais les aumĂŽniers sont aussi des militaires : ils portent un uniforme depuis la Seconde Guerre mondiale et sont volontaires – ils ont choisi ce mĂ©tier Ă  risque. Le statut militaire les rend immĂ©diatement aptes et disponibles pour partir en opĂ©ration, et implique le refus de tout prosĂ©lytisme, l’obĂ©issance et le devoir de rĂ©serve (ces obligations sont des sources de tension potentielle). Leur activitĂ© est recentrĂ©e sur le soutien aux forces en opĂ©ration. Aujourd’hui, seize aumĂŽniers sont en opex pour un peu plus de treize mille hommes dĂ©ployĂ©s, le contingent le plus important Ă©tant en Afghanistan.

Mais que font des aumĂŽniers au cƓur des combats ? Sont-ils des hommes de Dieu ou des hommes de guerre ? En fait, c’est lĂ  que leur mission est la plus essentielle, que leur existence se justifie. Pour le culte, on l’a dĂ©jĂ  dit (l’assistance aux offices religieux est en gĂ©nĂ©ral proportionnelle au danger encouru), mais aussi parce que leur seule prĂ©sence porte tĂ©moignage. La prĂ©sence d’un homme de Dieu rappelle les valeurs fondamentales pour lesquelles nous combattons, nous armĂ©es françaises, notamment le respect de la dignitĂ© de la personne humaine au cƓur mĂȘme de la violence et de l’horreur. Ces valeurs sont aussi profondĂ©ment celles de notre tradition nationale, il ne peut donc y avoir de contradiction. Cette prĂ©sence est aussi un rappel des impĂ©ratifs Ă©thiques dans l’action.

L’aumĂŽnier peut apporter une expertise sur l’une des composantes frĂ©quentes des conflits, la dimension religieuse ou spirituelle, essentielle Ă  beaucoup des cultures ou des sociĂ©tĂ©s au sein desquelles nous agissons. L’inculture religieuse qui grandit dans notre pays n’aide pas Ă  saisir la complexitĂ© des situations de crise dans lesquelles nous intervenons. En 1992, par exemple, lorsque nous sommes arrivĂ©s dans les villages de Krajina oĂč les Croates avaient Ă©tĂ© chassĂ©s par les Serbes, nous avons constatĂ© que les milices de ces derniers se livraient Ă  trois actions systĂ©matiques : empoisonner les puits, c’est-Ă -dire ruiner l’économie, annihiler le travail accompli ; marteler les pierres tombales pour effacer l’histoire, nier le passĂ© ; souiller et brĂ»ler les Ă©glises, afin de tuer l’esprit et l’espĂ©rance. Et cette derniĂšre dimension n’était pas la moindre ! Enfin, sur les thĂ©Ăątres d’opĂ©rations, l’aumĂŽnier peut ouvrir des portes, faciliter le contact, abaisser le niveau de mĂ©fiance, c’est vrai en Afghanistan, ce le fut aussi en CĂŽte d’Ivoire.

Le rattachement direct des aumĂŽniers en chef auprĂšs du gĂ©nĂ©ral chef d’état-major des armĂ©es (cema) permet une mise en cohĂ©rence de leur action avec le caractĂšre interarmĂ©es des opĂ©rations, et avec l’évolution des attributions et responsabilitĂ©s du cema. Pour des raisons historiques, leur gestion est prise en charge par le service de santĂ© des armĂ©es.

DerniĂšre Ă©volution majeure : la crĂ©ation d’une aumĂŽnerie musulmane en mars 2005. Cette dĂ©cision, de nature politique, vise Ă  permettre aux militaires de religion musulmane de pratiquer leur culte lorsqu’ils se trouvent Ă©loignĂ©s de leurs lieux de priĂšre habituels. La fondation de cette aumĂŽnerie a Ă©tĂ© permise grĂące Ă  l’existence d’une structure de reprĂ©sentation officielle, le Conseil français du culte musulman (cfcm), qui a fourni un interlocuteur Ă  l’État. Elle a Ă©tĂ© accueillie trĂšs favorablement par la trĂšs grande majoritĂ© des militaires, dont les cadres, et perçue par les soldats de confession musulmane comme un signe fort de normalisation de leur position au sein des armĂ©es. Elle rĂ©pondait Ă  une nĂ©cessitĂ© du fait de la proportion croissante de militaires musulmans, proportion constatĂ©e mais non chiffrĂ©e, bien sĂ»r.

  • Place des armĂ©es dans la nation et aumĂŽnerie militaire

L’aumĂŽnerie des forces armĂ©es peut ĂȘtre un trait d’union entre les armĂ©es et les Ă©glises. Elle fait connaĂźtre Ă  celles-ci nos rĂ©alitĂ©s, tĂ©moigne de nos engagements, porte nos dĂ©bats. Dans l’autre sens, elle nous garde ouverts sur l’évolution des grands courants religieux. Elle peut aussi ĂȘtre l’un des vecteurs qui nous assurent du soutien des armĂ©es par le pays, de plus en plus nĂ©cessaire dans nos engagements.

L’existence mĂȘme des aumĂŽneries militaires, le fait que plusieurs religions cohabitent et coopĂšrent sous le mĂȘme uniforme, servent la mĂȘme patrie, est une dĂ©monstration de ce que les religions peuvent apporter de meilleur Ă  la sociĂ©tĂ© et au pays. Elle porte deux messages essentiels. D’une part, que le dialogue entre les religions est possible et fĂ©cond, or ce dialogue est un enjeu majeur du siĂšcle, en France et dans le monde. D’autre part, qu’il est des valeurs universelles et indiscutables, tel le respect de l’homme. L’approche laĂŻque comme l’approche religieuse se rejoignent pour Ă©viter leur remise en cause. Cette convergence aidera Ă  tenir bon face au relativisme.

Pour conclure, j’insisterai sur le fait que l’aumĂŽnier militaire est un serviteur et un tĂ©moin. Étymologiquement, l’aumĂŽnier est l’ecclĂ©siastique qui porte l’aumĂŽne aux pauvres. La dimension du service et du tĂ©moignage d’un engagement au service de valeurs qui dĂ©passent l’homme, Ă©tablit une Ă©vidente proximitĂ© avec le service des armes. Et je souhaite insister ici sur la fraternitĂ© en citant le grand rabbin Kaplan qui Ă©voque ainsi sa guerre de 1914 : « C’est l’inoubliable souvenir de la fraternitĂ© du front. Tous ces soldats se sont Ă©prouvĂ©s les uns les autres et la diffĂ©rence d’opinions, de croyances ne compte pas2. Â»

1 DĂ©cret n° 2005-247 du 16 mars 2005 portant statut particulier des aumĂŽniers militaires.

2 CitĂ© par HaĂŻm Korsia, Être juif et Français, Éditions PrivĂ©, 2006.

ExpĂ©rience militaire et expĂ©ri... | D. Hervieu-LĂ©ger
J. Barry | Credo du soldat amĂ©ricain : ic...