N° 45

L'échec

Éditorial

Julien Viant

Dossier

Jean-Pierre Albert

Face à l’échec

Quelle différence entre échec et défaite ? Quels sont les effets de la pluralité des systèmes de valeur sur leur relativisation ou leur requalification ? Quels ruses et dénis permettent de les rendre supportables ?
Henri Bentégeat

Apprivoiser l’échec

« La peur de l’échec, c’est ce que j’appelle le “complexe Gamelin” : il faut veiller chaque jour à ce que jamais juin 1940 ne puisse se reproduire. » À la lumière de son expérience, le général Bentégeat livre sa réflexion sur ce qu’est l’échec militaire, pourquoi et comment l’apprivoiser. Et revient sur les échecs qu’il a eu à affronter.
Xavier Hélary

Crécy : une défaite parmi d’autres ?

La répétition des désastres subis par la chevalerie française aux xive et xve siècles pourrait laisser penser que les protagonistes étaient incapables de tirer la moindre leçon de leurs échecs. L’examen de la bataille de Crécy, livrée le 26 août 1346, permet de nuancer cette idée.
Thomas Vaisset | Philippe Vial

Succès ou échec ?

Le 27 novembre 1942, une partie de la flotte de Vichy se saborde en rade de Toulon. Une tragédie devenue depuis le symbole d’un échec absolu et déshonorant. Pour autant, Toulon ne peut être réduit à cela ; c’est, à jamais, un « événement Janus », rien qu’un échec et plus qu’un échec.
Jean-Luc Cotard

1944, bataille du belvédère : un échec victorieux

Début 1944, les armées alliées mènent des combats sanglants afin de conquérir les hauteurs du Belvédère, qui tiennent la route conduisant à Rome. C’est l’occasion pour l’armée française, défaite en juin 1940, de changer la perception qu’ont d’elle les Alliés. Cette bataille aurait pu être un échec retentissant. Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas ?
Ivan Cadeau

Punir les lampistes ?

Pour les armées françaises, la guerre d’Indochine est marquée par deux défaites majeures : Cao Bang en 1950 et Diên Biên Phu en 1954. Toutes deux ont fait l’objet de commissions d’enquête chargées d’établir les causes et les responsabilités du désastre qu’elles ont provoqué. Leurs avis ne seront cependant aucunement suivis d’effets.
Jérôme Pellistrandi

1870, 1914, 1940… leçons ou sanctions ?

L’armée française est riche de victoires, mais aussi de défaites majeures. L’échec a été et reste donc une réalité pour le militaire, d’où la nécessité de le comprendre et de l’analyser pour le surmonter. Distinguons quatre approches différentes : les doctrines, les choix stratégiques, les armements et enfin l’industrie de défense.
Gilles Haberey

Enseigner l’échec aux futurs chefs pour s’assurer de la victoire

De par ses conséquences dramatiques, la défaite militaire fait souvent l’objet d’une occultation ou d’un rejet brutal : elle ne serait que le fruit d’une faute ou d’un dysfonctionnement qu’il convient, simplement, de ne pas reproduire. La confrontation à l’échec peut pourtant se révéler un excellent outil pédagogique pour former les futurs décideurs.
Yann Andruétan

Échec et mat

Être confronté à l’échec est une épreuve émotionnelle en soi et expose l’individu au jugement d’autrui. Pour certains, cette sensation est intolérable et peut mener au suicide. Mais c’est une expérience courante. S’en relever est même valorisé en démocratie. C’est aussi un signal : la destinée humaine est irrémédiablement tragique.
Patrick Clervoy

Résiliences militaires

Dans le cadre d’un suivi psychothérapeutique, l’institution militaire, par sa structure et son fonctionnement, offre au médecin la possibilité de proposer des soins « augmentés » pour restaurer les soldats traumatisés dans leur équilibre psychique et leur adaptation au service actif. Ces manœuvres ne sont pas toujours couronnées de succès. Mais l’échec aurait été de ne rien tenter.
Didier Sicard

La mort, un échec médical

La mort a disparu de notre société. Une mise à distance qui a contaminé la médecine au point que le décès d’un patient est aujourd’hui considéré comme un échec, porte ouverte à un acharnement thérapeutique et à la perte d’attention nécessaire à ce moment essentiel de l’existence de l’homme.
Alain Duhamel

L’échec en politique

L’échec en politique est-il uniquement électoral ? Comment réagissent les femmes et les hommes politiques lorsqu’ils sont confrontés à un échec ? Existe-t-il des échecs glorieux ? La société postmoderne ne rend-elle pas permanent l’échec des élus ?
Christian Vigouroux

S’obstiner dans l’échec

Face à la fausse culpabilité de l’officier Dreyfus, l’armée et ses soutiens se sont enfermés dans une obstination frôlant l’obsession, dont les ingrédients se sont ajoutés de manière à multiplier le péril. Quatre échecs vont les perdre : la prétérition, la répétition, la claustration jusqu’à la perdition.
Gilles Dardenne

Échec scolaire

La réflexion sur le problème de l’échec à l’école a évolué au cours des quatre dernières décennies, mais est toujours d’actualité. Le regard d’un psychologue de l’éducation sur l’origine possible de l’échec, en particulier dans sa dimension systémique résultant de la relation enseignant, enfant, famille.
Ivan Gavriloff

Une source d’innovation

L’innovation est quelque chose de très objectif ; l’échec, lui, est un sentiment. Réussir à innover tout en ayant eu la sensation tout au long du parcours d’échouer est donc possible. Plongeons-nous dans quelques exemples d’inventions fameuses et observons à quelles étapes le sentiment d’échec put s’inviter.
Axel Ducourneau

Projet et perception de l’échec

Qu’en est-il de la configuration sociotechnique des projets de développement et de l’importance de son analyse dans les modalités de succès ou d’échec de ces projets en contexte multiculturel ? Un propos élargi à l’ensemble du spectre des opérations d’influence, dont les opérations civilo-militaires, qui demandent toutes une grande capacité de gestion de l’incertitude.
Patrick Lagadec

Quand l’échec est un soulagement

La maîtrise des risques, la planification de crise sont des activités sérieusement conduites. Mais à condition qu’il n’y ait pas de questionnement obligeant à sortir des territoires convenus. L’interrogation hors cadre se heurte à des refus de grande vigueur. Et c’est ainsi que se construisent les échecs majeurs, moins difficiles à supporter que la question. Un soulagement payé au prix fort.
Benjamin Brunet

Comprendre les terrorismes

Sans nier le lien djihad-islam, cet article propose d’aborder le phénomène djihadiste à l’aune de l’action révolutionnaire violente telle qu’elle est apparue en Europe occidentale durant les années de plomb. Le djihad a-t-il pris la suite de l’espérance révolutionnaire déchue ?
Wassim Nasr

Les défaites comme autant de victoires

Au cœur de la mouvance djihadiste se développent une culture, une littérature et une propagande au service d’un récit qui transforme les défaites en victoires, d’abord de l’individu puis du groupe engagé sur « les sentiers d’Allah ».

Pour nourrir le débat

Thierry Bouzard

L’orchestre militaire français a 175 ans

En 1845, l’armée française met au point le premier orchestre de plein air fonctionnel quand elle adopte l’organisation et les instruments proposés par Adolphe Sax. Elle joue ainsi un rôle culturel majeur, contribuant au renom de la culture française.
Fabien Lemaire

« ils sont face à moi. je vais devoir leur dire… »

Au cours d’un convoi logistique, une double attaque ied/mine tue un sous-officier et blesse huit autres soldats. Le chef de convoi raconte le moment de l’annonce de cette mort et la manière dont il a géré les événements afin de pouvoir poursuivre la mission.

Comptes rendus de lecture